En France, l'industrie manufacturière pèse moins dans l'économie qu'en Bulgarie

Silver Data Lab Research Desk · Analyse statistique · Publié le 11 août 2026

Source des données
Eurostat
Période de référence
2025
Dernière mise à jour
03 septembre 2026

Chiffres clés

  • L'industrie manufacturière représentait 15,8 % de la valeur ajoutée brute de l'UE en 2025.
  • La Slovénie, à 21,1 %, et la Tchéquie, à 20,8 %, sont les économies véritablement industrielles les plus élevées de l'Union.
  • L'Irlande enregistre 30,8 %, un chiffre produit par la comptabilité des multinationales plutôt que par les usines irlandaises.
  • La France enregistre 11,2 %, cinquième en partant du bas de l'Union et sous la Bulgarie, la Roumanie et le Portugal.
  • Onze États membres se situent au-dessus de la part de l'UE et seize en dessous.
Part de l'industrie manufacturière dans la valeur ajoutée brute en 2025 : Irlande 30,8 %, Slovénie 21,1 % et Tchéquie 20,8 % au-dessus de la part de l'UE de 15,8 %, et Malte 5,7 %, Chypre 4,9 % et Luxembourg 4,1 % en dessous.

Là où l'Union fabrique encore

La part de l'industrie manufacturière dans la valeur ajoutée brute mesure la portion de la production d'une économie qui provient de la fabrication de biens physiques, par opposition aux services, à la construction, à l'agriculture et à l'énergie.

Pour l'Union européenne dans son ensemble, la réponse était de 15,8 % en 2025. Environ un euro de valeur ajoutée sur six.

Le chiffre irlandais, et pourquoi il vient en premier

L'Irlande est en tête du classement à 30,8 %, près du double de la part de l'UE, et ce nombre doit être lu avec précaution plutôt qu'au pied de la lettre.

L'Irlande accueille les opérations européennes de plusieurs grands groupes pharmaceutiques et technologiques, et la production imputée à ces opérations entre dans la valeur ajoutée irlandaise. La part manufacturière qui en résulte décrit davantage l'endroit où les bénéfices sont enregistrés que celui où le travail est effectué. L'emploi manufacturier irlandais n'est pas au double de la norme européenne.

Le dire n'est pas une raison d'exclure le chiffre. C'est une raison de lire les deuxième et troisième positions comme le sommet du classement des économies industrielles ordinaires.

La ceinture d'Europe centrale

La Slovénie enregistre 21,1 % et la Tchéquie 20,8 %. La Slovaquie suit à 18,1 % et la Hongrie à 17,7 %.

L'Allemagne, l'économie la plus associée à l'industrie européenne, enregistre 19,4 % — derrière la Slovénie, la Tchéquie et le Danemark. Elle reste de loin le premier producteur manufacturier de l'Union en valeur absolue, et rapportée à sa propre économie elle est un pays industriel parmi plusieurs.

Le schéma est une ceinture qui court de la Baltique à travers la Tchéquie, la Slovaquie et la Hongrie jusqu'en Slovénie et en Autriche, arrimée aux chaînes d'approvisionnement allemandes. Ce sont les mêmes États membres qui adressent près des quatre cinquièmes de leurs exportations de biens à d'autres États membres, ce qui fait l'objet d'une étude distincte sur ce site.

La France

La France enregistre 11,2 %, cinquième en partant du bas de l'Union. Les quatre situées en dessous sont la Grèce, Malte, Chypre et le Luxembourg — une petite économie touristique et trois micro-États.

Parmi les économies de taille comparable, la France est seule à ce niveau. Elle fabrique une part plus faible de sa production que la Bulgarie à 12,7 %, la Roumanie à 13,1 % ou le Portugal à 13,0 %, bien moins que l'Italie à 16,8 %, et à peine moins que l'Espagne à 11,7 %.

L'Espagne, à 11,7 %, suit de près, ce qui fait du schéma sud-européen quelque chose de plus large que la seule France. Mais la France est le cas qui pèse, parce qu'elle est la deuxième économie de l'Union et parce que sa position industrielle est un sujet récurrent de sa propre vie politique.

Ce que l'indicateur ne dit pas

Une part n'est pas une taille. Le secteur manufacturier français est l'un des plus grands de l'Union en valeur absolue ; il est petit rapporté à l'économie française, laquelle a un secteur des services d'autant plus grand.

Une part qui recule ne signifie pas non plus une industrie qui rétrécit. Une économie dont les services croissent plus vite que les usines affichera une part manufacturière déclinante alors même que la production manufacturière augmente. Cette mesure classe une composition, non une santé industrielle.

Part de l'industrie manufacturière dans la valeur ajoutée brute, 2025

moyenne UE 15,8Irlande — 30,8 % de la valeur ajoutée brute · Écart avec la moyenne UE +15,0 (points de pourcentage, valeur dérivée)Irlande30,8Slovénie — 21,1 % de la valeur ajoutée brute · Écart avec la moyenne UE +5,3 (points de pourcentage, valeur dérivée)Slovénie21,1Tchéquie — 20,8 % de la valeur ajoutée brute · Écart avec la moyenne UE +5,0 (points de pourcentage, valeur dérivée)Tchéquie20,8Malte — 5,7 % de la valeur ajoutée brute · Écart avec la moyenne UE −10,1 (points de pourcentage, valeur dérivée)Malte5,7Chypre — 4,9 % de la valeur ajoutée brute · Écart avec la moyenne UE −10,9 (points de pourcentage, valeur dérivée)Chypre4,9Luxembourg — 4,1 % de la valeur ajoutée brute · Écart avec la moyenne UE −11,7 (points de pourcentage, valeur dérivée)Luxembourg4,1134% de la valeur ajoutée brutel'axe ne commence pas à zéro
Part de l'industrie manufacturière dans la valeur ajoutée brute, 2025
Pays% de la valeur ajoutée bruteÉcart avec la moyenne UEpoints de pourcentage, valeur dérivée
Irlande30,8+15,0
Slovénie21,1+5,3
Tchéquie20,8+5,0
Union européenneagrégat15,8
Malte5,7−10,1
Chypre4,9−10,9
Luxembourg4,1−11,7
Part de l'industrie manufacturière dans la valeur ajoutée brute, 2025. Les trois États membres de l'UE les plus hauts et les trois plus bas, avec l'agrégat de l'UE en référence. La colonne d'écart est calculée par Silver Data Lab à partir des deux valeurs publiées et n'est pas elle-même publiée par la source. Source : Eurostat, nama_10_a10. Le chiffre de l'Irlande est gonflé par la production d'entreprises pharmaceutiques et technologiques sous contrôle étranger qui y est imputée. Il est exact tel que publié et ne décrit ni l'emploi ni l'activité domestique.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Une part, non un niveau
L'indicateur mesure l'industrie manufacturière face au reste de l'économie nationale. Un pays peut accroître sa production manufacturière et enregistrer malgré tout une part en baisse si son secteur des services croît plus vite : il s'agit donc d'une mesure de composition plutôt que de performance industrielle.
L'Irlande est faussée par la comptabilité des multinationales
La production imputée aux opérations pharmaceutiques et technologiques sous contrôle étranger entre dans la valeur ajoutée irlandaise, produisant une part manufacturière très supérieure à ce que l'emploi manufacturier irlandais laisserait attendre. Le chiffre est exact tel que publié et ne décrit pas l'économie domestique.
L'industrie manufacturière exclut les mines, l'énergie et la construction
La section C de la NACE couvre la seule industrie manufacturière. Les économies dotées de grands secteurs extractifs ou énergétiques les enregistrent ailleurs : ce n'est donc pas une mesure de l'ensemble de la base industrielle.
La valeur ajoutée est mesurée là où l'activité est enregistrée
Dans des chaînes d'approvisionnement étroitement intégrées, un même produit traverse plusieurs pays et chacun n'enregistre que sa propre valeur ajoutée. C'est le traitement correct, et il implique que les parts nationales reflètent une position dans une chaîne autant qu'une force industrielle.

Questions fréquentes

Quelle part de l'économie de l'UE représente l'industrie manufacturière ?
15,8 % de la valeur ajoutée brute en 2025 — environ un euro sur six. Les parts nationales vont de 30,8 % en Irlande à 4,1 % au Luxembourg.
Quel pays de l'UE fabrique le plus ?
Rapporté à sa propre économie, l'Irlande, à 30,8 %, bien que ce chiffre reflète une production imputée à des entreprises sous contrôle étranger plutôt qu'aux usines irlandaises. Parmi les économies industrielles ordinaires, la Slovénie mène à 21,1 %, devant la Tchéquie à 20,8 %. En valeur absolue, l'Allemagne est de loin le premier producteur manufacturier de l'Union.
Pourquoi la France est-elle si basse en industrie manufacturière ?
La France enregistre 11,2 % de la valeur ajoutée brute, cinquième en partant du bas de l'Union. Seuls la Grèce et trois micro-États font moins. Elle fabrique une part plus faible de sa production que la Bulgarie, la Roumanie ou le Portugal, même si son secteur manufacturier reste l'un des plus grands de l'Union en valeur absolue.
Une faible part manufacturière signifie-t-elle un déclin industriel ?
Pas nécessairement. La part baisse dès que le reste de l'économie croît plus vite, même si la production manufacturière augmente. L'indicateur classe ce dont une économie est faite, non la bonne santé de son industrie.

Note méthodologique

La valeur ajoutée brute par branche est publiée par Eurostat selon la NACE Rév. 2. Cette étude utilise la section C, industrie manufacturière, exprimée en pourcentage de la valeur ajoutée brute totale de toutes les activités.

Les valeurs portent sur 2025, l'année la plus récente à couverture complète des 27 États membres à la date de l'extraction.

Le nombre d'États membres au-dessus et en dessous de la part de l'UE, la position de la France en partant du bas du classement et les comparaisons avec certains États membres sont calculés par Silver Data Lab à partir des parts publiées.

Données sources

La série sur laquelle repose l'étude peut être consultée et téléchargée à nouveau depuis Eurostat data browser. Les filtres indiqués ci-dessous sont ceux qui ont été appliqués.

  • Gross value added and income by main industry (NACE Rev. 2)

    nama_10_a10

    Filtres appliqués :
    freq=A · unit=PC_TOT · na_item=B1G · nace_r2=C · time=2025
    Extrait le :
    2026-09-03
    Source mise à jour le :
    2026-09-02

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