Les pertes climatiques de la Slovénie valent quatre fois la moyenne européenne

Silver Data Lab Research Desk · Analyse statistique · Publié le 30 octobre 2025

Source des données
Eurostat
Période de référence
2023
Dernière mise à jour
30 octobre 2025

Chiffres clés

  • Les catastrophes liées au climat coûtent à l'UE 47,7 euros par habitant et par an, en moyenne sur les trente années jusqu'à 2023.
  • La Slovénie enregistre 242,5 euros par habitant — plus de trois fois l'État membre suivant.
  • L'Italie enregistre 67,8 euros, l'Allemagne 66,2 et l'Autriche 60,3.
  • La Finlande enregistre 4,1 euros, Malte 4,9 et l'Estonie 8,6.
  • Un seul État membre dépasse 100 euros par habitant, et vingt sur vingt-sept se situent sous la moyenne de l'UE.
Pertes économiques liées au climat par habitant, en moyenne sur les trente années jusqu'à 2023 : Slovénie 242,5 euros, Italie 67,8 euros et Allemagne 66,2 euros au-dessus de la moyenne de l'UE de 47,7 euros, et Estonie 8,6 euros, Malte 4,9 euros et Finlande 4,1 euros en dessous.

Chiffrer ce que coûte le temps qu'il fait

Eurostat rassemble les pertes économiques attribuées aux événements liés au climat — inondations, tempêtes, sécheresses, canicules, incendies de forêt et vagues de froid — et les exprime par habitant à prix constants, en moyenne sur trente ans.

Le lissage est le choix de construction décisif. Les pertes climatiques n'arrivent pas régulièrement : un pays peut traverser une décennie presque sans rien, puis enregistrer le dommage de tout un siècle en un seul mois d'août. Une moyenne trentenaire est une tentative de décrire l'exposition plutôt que la chance.

Sur cette base, le chiffre de l'UE s'établit à 47,7 euros par habitant et par an.

La Slovénie

La Slovénie enregistre 242,5 euros par habitant, plus de trois fois l'Italie qui la suit et plus de cinq fois la moyenne de l'UE.

C'est la valeur la plus atypique de tous les indicateurs publiés par ce site, et ce n'est pas un artefact de données. La Slovénie est un petit pays — deux millions d'habitants — au relief montagneux, aux bassins versants encaissés et à l'habitat concentré dans les vallées. Les inondations d'août 2023 ont touché une large part de son territoire et causé des dommages estimés à une fraction substantielle de la production nationale annuelle.

Quand un dommage de cette ampleur frappe deux millions de personnes, le chiffre par habitant se déplace comme il ne peut pas le faire en Allemagne ou en Italie. La position de la Slovénie reflète à la fois une exposition réelle et l'arithmétique d'un petit dénominateur.

Les grandes économies

L'Italie enregistre 67,8 euros par habitant, l'Allemagne 66,2 et l'Autriche 60,3. La France, la Grèce et l'Espagne suivent.

Ce sont les États membres qui conjuguent une exposition substantielle — crues alpines, sécheresse et incendies méditerranéens, submersions de la mer du Nord et crues fluviales — et un bâti dense et de forte valeur. Les chiffres de pertes mesurent la valeur de ce qui a été endommagé : la même tempête coûte donc plus cher là où il y a davantage à détruire.

Il faut le dire nettement, car cela signifie que ce classement est en partie un classement de richesse. Une inondation sur une surface équivalente en Bulgarie détruit moins de valeur mesurée qu'une inondation sur une surface équivalente en Allemagne, et enregistre une perte moindre.

Le bas du classement

La Finlande enregistre 4,1 euros par habitant, Malte 4,9 et l'Estonie 8,6, la Suède étant à 12,1.

Les États membres du Nord se situent bas sur cette mesure pour des raisons qui ne se maintiendront pas nécessairement. Leur exposition aux aléas précis qui ont dominé les trente dernières années — crues fluviales dans des vallées denses, incendies et sécheresses méditerranéens — a été limitée, ce qui est un constat sur le passé et non une prévision.

Ce que l'indicateur ne peut pas faire

Une moyenne trentenaire arrêtée en 2023 est dominée par des événements déjà survenus, et elle se mesure en euros de dommages plutôt qu'en aléa physique. C'est un relevé de pertes, non une projection de risque, et les deux divergent partout où l'exposition évolue plus vite que la moyenne ne peut l'absorber.

Pertes économiques liées au climat, moyenne trentenaire jusqu'à 2023

moyenne UE 47,7Slovénie — 242,5 euros par habitant, prix constants · Écart avec la moyenne UE +194,8 (points de pourcentage, valeur dérivée)Slovénie242,5Italie — 67,8 euros par habitant, prix constants · Écart avec la moyenne UE +20,1 (points de pourcentage, valeur dérivée)Italie67,8Allemagne — 66,2 euros par habitant, prix constants · Écart avec la moyenne UE +18,5 (points de pourcentage, valeur dérivée)Allemagne66,2Estonie — 8,6 euros par habitant, prix constants · Écart avec la moyenne UE −39,1 (points de pourcentage, valeur dérivée)Estonie8,6Malte — 4,9 euros par habitant, prix constants · Écart avec la moyenne UE −42,8 (points de pourcentage, valeur dérivée)Malte4,9Finlande — 4,1 euros par habitant, prix constants · Écart avec la moyenne UE −43,6 (points de pourcentage, valeur dérivée)Finlande4,1-25271euros par habitant, prix constantsl'axe ne commence pas à zéro
Pertes économiques liées au climat, moyenne trentenaire jusqu'à 2023
Payseuros par habitant, prix constantsÉcart avec la moyenne UEpoints de pourcentage, valeur dérivée
Slovénie242,5+194,8
Italie67,8+20,1
Allemagne66,2+18,5
Union européenneagrégat47,7
Estonie8,6−39,1
Malte4,9−42,8
Finlande4,1−43,6
Pertes économiques liées au climat, moyenne trentenaire jusqu'à 2023. Les trois États membres de l'UE les plus hauts et les trois plus bas, avec l'agrégat de l'UE en référence. La colonne d'écart est calculée par Silver Data Lab à partir des deux valeurs publiées et n'est pas elle-même publiée par la source. Source : Eurostat, sdg_13_40. Une moyenne sur 30 ans, non une année isolée. Elle est conçue pour lisser le fait que l'essentiel des dommages d'un pays survient en une poignée d'années.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Les pertes mesurent la valeur détruite, non l'aléa
Un même événement physique produit une perte plus grande là où les valeurs immobilières sont plus élevées. Ce classement reflète donc la richesse et la densité du bâti autant que l'exposition climatique, et sous-estime l'aléa dans les États membres les plus pauvres de l'Union.
Les petits pays restent volatils même sur trente ans
Un seul événement majeur peut dominer la moyenne trentenaire d'un petit État membre. Le chiffre de la Slovénie repose largement sur les inondations d'août 2023, et la mesure par habitant amplifie tout événement qui frappe une population réduite.
L'attribution au climat est un classement, non un résultat
Les événements sont classés comme liés au climat selon leur type. Ce classement n'établit pas qu'un événement particulier ait été causé ou intensifié par le changement climatique, et cette étude ne l'affirme pas.
Pertes assurées et non assurées sont compilées différemment
Les estimations de pertes s'appuient sur des sources d'assurance et publiques dont la couverture diffère selon les États membres et dans le temps. La comparabilité vaut à l'échelle des écarts décrits ici, non entre deux pays séparés de quelques euros.

Questions fréquentes

Combien les catastrophes climatiques coûtent-elles à l'UE ?
47,7 euros par habitant et par an, en moyenne sur les trente années jusqu'à 2023, mesurés à prix constants. Le chiffre couvre inondations, tempêtes, sécheresses, canicules, incendies de forêt et vagues de froid.
Quel pays de l'UE subit les pertes climatiques les plus élevées ?
La Slovénie, à 242,5 euros par habitant — plus de trois fois l'Italie qui la suit. Le relief montagneux slovène, l'habitat de fond de vallée et les inondations d'août 2023 se combinent à une population de deux millions d'habitants pour produire le chiffre par personne le plus élevé de l'Union.
Quel pays de l'UE subit les pertes les plus faibles ?
La Finlande, à 4,1 euros par habitant, suivie de Malte à 4,9 et de l'Estonie à 8,6. Leur exposition limitée aux aléas qui ont dominé les trente dernières années est un constat sur le passé et non une prévision.
Pourquoi une moyenne sur trente ans ?
Parce que les pertes climatiques arrivent par à-coups. Un pays peut n'enregistrer presque rien pendant une décennie puis son pire dommage connu en un seul mois. Lisser sur trente ans est une tentative de mesurer l'exposition plutôt que le fait qu'une année donnée ait ou non contenu une catastrophe.

Note méthodologique

Eurostat publie les pertes économiques liées au climat sous forme de moyenne mobile trentenaire en euros par habitant à prix constants, couvrant les événements météorologiques, hydrologiques et climatologiques.

Les valeurs correspondent à la moyenne des trente années s'achevant en 2023 et couvrent les 27 États membres.

Le nombre d'États membres au-dessus et en dessous du chiffre de l'UE, le rapport entre la Slovénie et la moyenne de l'UE, et la caractérisation du classement comme reflétant en partie les valeurs immobilières sont calculés par Silver Data Lab à partir des valeurs publiées.

Données sources

La série sur laquelle repose l'étude peut être consultée et téléchargée à nouveau depuis Eurostat data browser. Les filtres indiqués ci-dessous sont ceux qui ont été appliqués.

  • Climate related economic losses

    sdg_13_40

    Filtres appliqués :
    freq=A · statinfo=AVG_30Y · unit=EUR_HAB_KP · stk_flow=LOSS · time=2023
    Extrait le :
    2026-08-11
    Source mise à jour le :
    2025-10-27

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