Les émissions nettes de la Suède sont sous zéro. Trois pays émettent plus qu'en 1990.
Silver Data Lab Research Desk · Analyse statistique · Publié le 25 avril 2026
- Source des données
- Eurostat
- Période de référence
- 2024
- Dernière mise à jour
- 25 avril 2026
Chiffres clés
- La Suède enregistre des émissions nettes de −6,7 millions de tonnes d'équivalent CO2 en 2024 : ses terres absorbent plus que le reste de son économie n'émet.
- Trois États membres restent au-dessus de leur niveau de 1990 : Chypre à 157,5, la Finlande à 114,0 et l'Autriche à 106,2 sur un indice où 1990 = 100.
- La Lituanie a ramené ses émissions nettes à 24,0 % de son niveau de 1990, la Roumanie à 27,7 % et l'Estonie à 33,5 %.
- Par habitant, l'Irlande émet le plus avec 10,5 tonnes et le Luxembourg 10,1 ; la Roumanie émet 3,4 et la Lituanie 3,6.
- Eurostat ne publie aucun agrégat UE pour cet indicateur : cette étude n'en rapporte donc aucun plutôt que d'en calculer un.

Les émissions nettes, et pourquoi le signe peut s'inverser
La comptabilité des gaz à effet de serre rapporte d'ordinaire ce qu'une économie émet. Cet indicateur rapporte ce qu'elle émet net de ce que ses terres absorbent — forêts, sols et autres usages des terres, qui retirent du carbone de l'atmosphère autant qu'ils en ajoutent.
C'est cette distinction qui permet à un pays d'enregistrer un nombre négatif, et l'un le fait. Les émissions nettes de la Suède en 2024 étaient de −6,7 millions de tonnes d'équivalent CO2, soit −0,6 tonne par habitant. Ses forêts ont absorbé plus que son industrie, ses transports, son agriculture et ses bâtiments n'ont émis.
Sur un indice où 1990 vaut 100, la Suède indique −57,7. Il n'existe aucune autre observation semblable dans l'Union.
Les trois pays au-dessus de leur niveau de 1990
Trente-quatre ans après l'année de référence, trois États membres émettent encore plus sur cette mesure qu'en 1990.
Chypre enregistre 157,5, soit plus de la moitié en plus de son point de départ. La Finlande enregistre 114,0 et l'Autriche 106,2. L'Irlande, à 90,9, et la Lettonie, à 89,9, sont les suivantes les plus proches de leur base.
La position de la Finlande mérite d'être distinguée de celle des deux autres, car elle relève de l'usage des terres plutôt que des émissions : un pays doté de très vastes forêts est fortement exposé aux variations de la quantité de carbone que ces forêts absorbent, et cet indicateur en tient compte. Chypre et l'Autriche ne sont pas dans cette situation.
Les pays les plus éloignés sous 1990
À l'autre extrémité, la Lituanie enregistre 24,0, la Roumanie 27,7 et l'Estonie 33,5 — des émissions nettes comprises entre un quart et un tiers de leurs niveaux de 1990. La Bulgarie, à 42,2, et la Slovaquie, à 44,4, suivent.
Ce groupe est presque entièrement d'Europe centrale et orientale, et 1990 en est la raison. L'année de référence se situe juste avant l'effondrement de l'industrie lourde dans l'ancien bloc de l'Est : une grande partie de la réduction enregistrée par ces pays a donc été produite par une restructuration économique au début des années 1990 plutôt que par la politique climatique menée depuis.
Cela ne rend pas les chiffres faux. Cela fait de l'indice un mauvais instrument pour comparer les efforts, ce qui est une autre question que celle à laquelle il répond.
Les émissions par habitant racontent autre chose
Classées par émissions par habitant plutôt que face à 1990, l'ordre change sensiblement. L'Irlande enregistre 10,5 tonnes par habitant, le Luxembourg 10,1, et Chypre et l'Estonie 8,9 chacune. En bas se tiennent la Roumanie à 3,4, la Lituanie à 3,6 et Malte à 3,8.
La Suède apparaît à −0,6.
L'Irlande est le cas où les deux classements divergent le plus nettement : à 90,9 face à 1990 elle paraît en retard sur les progrès, et à 10,5 tonnes par habitant elle est le premier émetteur par personne de l'Union. Les deux lectures sont exactes, et aucune n'est le tableau complet.
Deux des plus forts émetteurs par habitant, l'Estonie et l'Irlande, figurent aussi aux extrémités opposées du classement de la dépendance énergétique, ce qui rappelle que ces indicateurs ne mesurent pas la même chose sous-jacente.
Émissions nettes de gaz à effet de serre face à 1990, 2024
| Pays | Indice, 1990 = 100 |
|---|---|
| Chypre | 157,5 |
| Finlande | 114,0 |
| Autriche | 106,2 |
| Estonie | 33,5 |
| Lituanie | 24,0 |
| Suède | -57,7 |
Émissions nettes de gaz à effet de serre par habitant, 2024
| Pays | Tonnes d'équivalent CO2 par personne |
|---|---|
| Irlande | 10,5 |
| Luxembourg | 10,1 |
| Chypre | 8,9 |
| Lituanie | 3,6 |
| Roumanie | 3,4 |
| Suède | -0,6 |
Ce que ces chiffres ne disent pas
- Net de l'usage des terres, ce qui rend la série volatile
- Cet indicateur inclut l'usage des terres, le changement d'affectation des terres et la foresterie. L'absorption de carbone par les forêts varie avec les coupes, la croissance, les incendies et les maladies : un pays doté d'un grand secteur forestier peut donc voir son chiffre net se déplacer sensiblement pour des raisons sans rapport avec son économie. La position de la Finlande au-dessus de son niveau de 1990 est largement un effet d'usage des terres.
- La base 1990 récompense une histoire particulière
- Pour les États membres d'Europe centrale et orientale, 1990 précède immédiatement l'effondrement de l'industrie lourde de l'ère soviétique. Une grande partie de la réduction que ces pays enregistrent face à la base a été produite par cet effondrement plutôt que par une politique, et l'indice compare donc des distances parcourues depuis des points de départ très différents.
- Eurostat ne publie aucun agrégat UE ici
- Ce jeu de données ne contient aucune valeur au niveau de l'UE : aucune ligne de référence n'apparaît sur le graphique et aucune n'est citée dans le texte. Un chiffre pour l'UE pourrait être calculé en additionnant les États membres, mais il serait le nôtre et non celui de la source, et ce site ne publie pas d'agrégats que la source se refuse à publier.
- Des émissions territoriales, non de consommation
- Les comptes couvrent les émissions produites à l'intérieur des frontières de chaque pays. Les émissions incorporées dans les biens importés sont attribuées au pays qui les a produits : les économies qui ont délocalisé leur industrie enregistrent donc des chiffres plus bas que ne l'implique leur consommation.
Questions fréquentes
- Comment un pays peut-il avoir des émissions de gaz à effet de serre négatives ?
- Parce que cet indicateur est mesuré net de l'usage des terres. Les forêts et les sols de la Suède ont absorbé en 2024 plus de carbone que le reste de son économie n'en a émis, donnant des émissions nettes de −6,7 millions de tonnes d'équivalent CO2, soit −0,6 tonne par habitant.
- Quels pays de l'UE émettent encore plus qu'en 1990 ?
- Trois : Chypre à 157,5, la Finlande à 114,0 et l'Autriche à 106,2 sur un indice où 1990 vaut 100. La position de la Finlande est largement un effet d'usage des terres, puisque les variations de l'absorption de carbone par les forêts déplacent directement cette mesure.
- Quel pays de l'UE émet le plus par personne ?
- L'Irlande, avec 10,5 tonnes d'équivalent CO2 par habitant en 2024, devant le Luxembourg à 10,1, et Chypre et l'Estonie à 8,9. Les plus basses sont la Roumanie à 3,4 et la Lituanie à 3,6, la Suède étant négative à −0,6.
- Pourquoi n'y a-t-il pas de moyenne de l'UE sur ces graphiques ?
- Parce qu'Eurostat n'en publie aucune pour cet indicateur. Un chiffre pour l'UE pourrait être assemblé en additionnant les États membres, mais il serait notre calcul et non celui de la source, et ce site ne publie pas d'agrégats que la source elle-même se refuse à publier.
Note méthodologique
L'indicateur correspond aux émissions nettes intérieures de gaz à effet de serre d'Eurostat, total hors postes pour mémoire, qui inclut l'usage des terres, le changement d'affectation des terres et la foresterie. Il est publié dans trois unités : millions de tonnes d'équivalent CO2, tonnes par habitant, et indice face à 1990.
Les valeurs portent sur 2024, l'année la plus récente à couverture complète des 27 États membres à la date de l'extraction.
Eurostat ne publie aucun agrégat UE pour cet indicateur. Cette étude n'en rapporte aucun, et le graphique du classement ne comporte pas de ligne de référence, plutôt que d'y substituer un chiffre calculé ici.
L'observation selon laquelle trois États membres restent au-dessus de leur niveau de 1990, et la comparaison entre le classement en indice et le classement par habitant, sont établies par Silver Data Lab à partir des séries publiées.
Données sources
La série sur laquelle repose l'étude peut être consultée et téléchargée à nouveau depuis Eurostat data browser. Les filtres indiqués ci-dessous sont ceux qui ont été appliqués.
Domestic net greenhouse gas emissions
sdg_13_10
- Filtres appliqués :
- freq=A · src_crf=TOTXMEMO · unit=I90, T_HAB, MTCO2E · time=2024
- Extrait le :
- 2026-08-11
- Source mise à jour le :
- 2026-04-22
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