Les pays de l'UE qui tirent le plus de recettes des taxes environnementales ne sont pas ceux qui taxent le plus la pollution
Silver Data Lab Research Desk · Analyse statistique · Publié le 13 février 2026
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- Source des données
- Eurostat
- Période de référence
- 2024
- Dernière mise à jour
- 13 février 2026
Chiffres clés
- Les taxes environnementales représentaient 5,3 % des recettes fiscales totales de l'UE en 2024.
- La Bulgarie enregistre 9,7 %, la Grèce 9,4 %, la Croatie 8,7 % et la Roumanie 8,7 %.
- Le Luxembourg enregistre 2,9 %, la Suède 3,9 % et la Tchéquie 4,1 %.
- Quinze États membres se situent au-dessus de la part de l'UE.
- Les pays aux parts les plus élevées sont largement ceux dont les émissions par unité produite sont les plus fortes, non les plus faibles.

Un rapport dont le dénominateur fait le travail
Les taxes environnementales sont des prélèvements sur l'énergie, les transports, la pollution et l'usage des ressources. Cet indicateur les rapporte au total des recettes fiscales d'un pays.
Pour l'UE, en 2024, la part était de 5,3 %.
La construction est la première chose à comprendre de ce classement. Un pays peut élever sa part en taxant davantage la pollution, ou en taxant moins tout le reste. Les deux produisent le même nombre et signifient des choses opposées.
Le haut
La Bulgarie enregistre 9,7 %, la Grèce 9,4 %, la Croatie 8,7 % et la Roumanie 8,7 %.
Aucun de ces pays n'est connu pour être à la pointe de la politique environnementale. Ce qu'ils partagent, c'est un prélèvement fiscal total comparativement faible au regard de la taille de leur économie, et une forte dépendance aux taxes à la consommation, dont les droits sur les carburants.
La Bulgarie est l'illustration la plus nette de ce qui rend le rapport trompeur. Elle affiche des émissions de gaz à effet de serre par unité produite parmi les plus fortes de l'Union et la plus grande part de recettes fiscales provenant de taxes environnementales. La part est élevée parce que l'assiette des autres impôts est étroite, non parce que la pollution est efficacement découragée.
Le bas
Le Luxembourg enregistre 2,9 %, la Suède 3,9 %, la Tchéquie 4,1 % et la France 4,3 %.
La Suède est le cas qui fait la démonstration en sens inverse. Elle a l'une des plus anciennes taxes carbone au monde, introduite en 1991 et à l'un des taux les plus élevés qui soient, et elle enregistre la deuxième plus faible part de taxes environnementales de l'Union.
Deux choses produisent cela. Les recettes fiscales totales de la Suède sont importantes : toute composante en représente donc une part plus petite. Et une taxe carbone qui fonctionne réduit sa propre assiette : les émissions baissent, et les recettes avec elles.
Une taxe environnementale efficace est donc autodestructrice comme source de recettes, ce qui signifie qu'une part de taxes environnementales en baisse peut être un signe de réussite. Cet indicateur ne peut pas distinguer cela d'un signe de négligence.
Ce à quoi l'indicateur sert
Lu comme une mesure de l'ambition environnementale, ce classement est proche de l'inutile, et le dire clairement est plus utile que de le nuancer.
Lu comme une mesure de la structure fiscale, il est instructif. Il montre quels États membres dépendent de la taxation de la consommation et de l'énergie pour leurs recettes publiques, et ce sont les États membres pour lesquels la décarbonation comporte un coût budgétaire autant qu'économique.
La Bulgarie, la Grèce, la Croatie et la Roumanie tirent toutes près d'un dixième de leurs recettes publiques de taxes dont l'assiette est censée se réduire. C'est un problème budgétaire attaché à la transition énergétique, et il frappe le plus durement les États membres les moins à même de l'absorber.
Part des taxes environnementales dans les recettes fiscales, 2024
| Pays | % des recettes fiscales totales | Écart avec la moyenne UEpoints de pourcentage, valeur dérivée |
|---|---|---|
| Bulgarie | 9,7 | +4,4 |
| Grèce | 9,4 | +4,1 |
| Croatie | 8,7 | +3,4 |
| Union européenneagrégat | 5,3 | — |
| Tchéquie | 4,1 | −1,2 |
| Suède | 3,9 | −1,4 |
| Luxembourg | 2,9 | −2,4 |
Ce que ces chiffres ne disent pas
- Une part, non un niveau ni un taux
- La mesure divise les recettes de taxes environnementales par les recettes fiscales totales. Un pays au faible prélèvement fiscal total enregistre une part élevée sans taxer lourdement la pollution, et inversement.
- Les taxes efficaces érodent leur propre assiette
- Une taxe qui réduit effectivement les émissions réduit aussi ses propres recettes. Une part en baisse peut indiquer une réussite ou une négligence, et cet indicateur ne peut pas les séparer. La position basse de la Suède à côté d'une taxe carbone élevée de longue date en est l'exemple le plus net.
- Les taxes sur l'énergie dominent la catégorie
- L'essentiel des recettes de taxes environnementales de l'Union provient des taxes sur l'énergie, en particulier sur les carburants. La catégorie est donc plus proche d'une mesure de la taxation des carburants que de l'ampleur de la politique environnementale.
- Des recettes, non une incidence
- L'indicateur enregistre ce qui est collecté, non qui le paie ni comment la charge se répartit entre ménages et entreprises.
Questions fréquentes
- Quelle part des recettes fiscales de l'UE provient des taxes environnementales ?
- 5,3 % en 2024, couvrant les taxes sur l'énergie, les transports, la pollution et les ressources. L'essentiel relève de la taxation de l'énergie, en particulier des carburants.
- Quel pays de l'UE taxe le plus l'environnement ?
- Rapporté aux recettes fiscales totales, la Bulgarie, à 9,7 %, devant la Grèce à 9,4 % et la Croatie et la Roumanie à 8,7 %. Cela reflète une assiette étroite des autres impôts plutôt qu'une forte taxation environnementale.
- Pourquoi la Suède obtient-elle un score si bas ?
- La Suède enregistre 3,9 %, deuxième plus bas de l'Union, alors qu'elle a l'une des taxes carbone les plus anciennes et les plus élevées au monde. Ses recettes fiscales totales sont importantes, ce qui réduit la part de toute composante, et une taxe carbone efficace réduit les émissions et donc ses propres recettes.
- Une part élevée de taxes environnementales est-elle une bonne chose ?
- Pas nécessairement, et l'indicateur mesure mal l'ambition environnementale. Il est plus utile comme mesure de la structure fiscale : il repère les États membres qui dépendent de taxes dont la transition énergétique est censée réduire l'assiette.
Note méthodologique
Eurostat publie les recettes de taxes environnementales en part des recettes totales tirées des impôts et des cotisations sociales, hors cotisations sociales imputées. Les taxes environnementales couvrent l'énergie, les transports, la pollution et les ressources.
Les valeurs portent sur 2024, l'année la plus récente à couverture complète des 27 États membres à la date de l'extraction.
Le nombre d'États membres au-dessus de la part de l'UE est calculé par Silver Data Lab. L'observation sur l'intensité d'émissions s'appuie sur les études relatives aux gaz à effet de serre publiées ailleurs sur ce site ; la date et le taux de la taxe carbone suédoise relèvent du domaine public et ne font pas partie de cette extraction.
Données sources
La série sur laquelle repose l'étude peut être consultée et téléchargée à nouveau depuis Eurostat data browser. Les filtres indiqués ci-dessous sont ceux qui ont été appliqués.
Share of environmental taxes in total tax revenues
sdg_17_50
- Filtres appliqués :
- freq=A · tax=ENV · unit=PC_TSCO_X_ISCO · time=2024
- Extrait le :
- 2026-08-11
- Source mise à jour le :
- 2026-02-10
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