Un salarié néerlandais a treize fois plus de chances d'être en contrat temporaire qu'un Lituanien
Silver Data Lab Research Desk · Analyse statistique · Publié le 14 juin 2026
- Source des données
- Eurostat
- Période de référence
- 2025
- Dernière mise à jour
- 14 juin 2026
Chiffres clés
- 11,5 % des salariés de 20 à 64 ans dans l'UE étaient en contrat temporaire en 2025.
- Les Pays-Bas enregistrent 22,3 %, soit plus d'un salarié sur cinq.
- La Lituanie enregistre 1,7 %, la Roumanie 1,8 % et la Bulgarie 2,5 %.
- Sept États membres sont sous 5 % et huit seulement se situent au-dessus du taux de l'UE.
- Le taux néerlandais vaut treize fois le taux lituanien, un écart plus large que toute différence de chômage entre les deux pays.

Ce qu'est un contrat temporaire, et ce qu'il n'est pas
Un salarié est compté comme temporaire si son emploi comporte une date de fin convenue : un contrat à durée déterminée, un engagement saisonnier, un poste de remplacement, une mission d'intérim à terme défini.
Dans l'UE en 2025, 11,5 % des salariés de 20 à 64 ans en détenaient un. Les chiffres nationaux vont de 22,3 % à 1,7 %.
Un classement de systèmes juridiques
L'écart est ici de treize à un, bien plus large que les différences de chômage, de salaires ou de performance économique entre les mêmes pays. Cela suffit à indiquer que l'indicateur mesure autre chose que la conjoncture du marché du travail.
Ce qu'il mesure pour l'essentiel, c'est la manière dont le droit du travail de chaque État membre est écrit : avec quelle facilité un contrat permanent peut être rompu, à quoi un contrat à durée déterminée peut servir, combien de fois il peut être renouvelé et au bout de quel délai il se transforme en contrat permanent.
Là où le licenciement d'un emploi permanent est difficile et coûteux, les employeurs recourent aux durées déterminées pour préserver leur souplesse, et la part des contrats temporaires s'élève. Là où le licenciement est comparativement simple, un contrat permanent fait courir moins de risques et il y a moins de raisons d'éviter d'en proposer un.
Les Pays-Bas et l'Espagne
Les Pays-Bas enregistrent 22,3 %, le taux le plus élevé de l'Union. L'Espagne enregistre 14,9 %, la Pologne 15,2 % et le Portugal 14,8 %.
La position de l'Espagne est celle qui a la plus longue histoire. Sa part de contrats temporaires a longtemps été la plus élevée de l'Union et de loin, jusqu'à ce qu'une réforme du travail de 2021 restreigne les motifs de recours aux durées déterminées. Le taux a sensiblement baissé depuis, et l'Espagne occupe désormais la troisième place plutôt que la première — un cas rare où une modification législative précise se voit dans un indicateur européen.
Que les Pays-Bas aient pris la tête est le contrepoint. C'est un pays à faible chômage, à fort emploi et à la plus grande part de temps partiel de l'Union, et il recourt aux contrats temporaires plus que tout autre État membre.
Le bas du classement
La Lituanie enregistre 1,7 %, la Roumanie 1,8 %, la Bulgarie 2,5 %, la Lettonie 2,5 % et l'Estonie 2,9 %.
Sept États membres sont sous 5 %, et tous se trouvent en Europe centrale et orientale.
Une faible part de contrats temporaires se lit souvent comme un signe d'emploi sûr, et ici elle ne devrait pas l'être. Dans plusieurs de ces États membres, le licenciement depuis un contrat permanent est comparativement simple, ce qui rend un contrat permanent moins permanent que les mêmes mots ne le laisseraient entendre plus à l'ouest. L'instrument que les employeurs obtiennent ailleurs par une durée déterminée est disponible à l'intérieur du contrat ordinaire.
Pourquoi l'indicateur garde sa valeur
Rien de cela ne rend la mesure inutile. Elle repère les endroits où existe un marché du travail à deux vitesses — un groupe protégé de salariés permanents coexistant avec un groupe plus large qui enchaîne les durées déterminées — et cette division a des conséquences réelles sur la formation, l'accès au crédit immobilier et la constitution d'un foyer.
Elle implique en revanche qu'un chiffre bas et une main-d'œuvre en sécurité ne sont pas la même chose, et qu'un classement des contrats temporaires n'est pas un classement de la sécurité de l'emploi.
Salariés en contrat temporaire, 2025
| Pays | % des salariés de 20 à 64 ans | Écart avec la moyenne UEpoints de pourcentage, valeur dérivée |
|---|---|---|
| Pays-Bas | 22,3 | +10,8 |
| Pologne | 15,2 | +3,7 |
| Espagne | 14,9 | +3,4 |
| Union européenneagrégat | 11,5 | — |
| Bulgarie | 2,5 | −9,0 |
| Roumanie | 1,8 | −9,7 |
| Lituanie | 1,7 | −9,8 |
Ce que ces chiffres ne disent pas
- La forme du contrat n'est pas la sécurité de l'emploi
- Une faible part de contrats temporaires peut refléter des contrats permanents faciles à rompre plutôt qu'un emploi réellement stable. L'indicateur mesure la forme juridique du contrat, non la protection qu'il apporte.
- Les salariés seulement
- Le taux est calculé parmi les salariés : les indépendants en sont donc entièrement exclus. Dans les États membres à fort travail indépendant, une large part de l'emploi précaire se situe hors de cette mesure.
- Choisi et subi ne sont pas distingués
- Une partie du travail temporaire est choisie — étudiants, personnes entre deux étapes professionnelles, saisonniers qui le préfèrent. Cette série ne le distingue pas du travail temporaire accepté faute d'alternative.
- Les définitions juridiques diffèrent à la marge
- Ce qui compte comme engagement à durée déterminée dépend du droit des contrats de chaque pays, et l'intérim comme la période d'essai sont traités différemment d'un État membre à l'autre.
Questions fréquentes
- Combien d'Européens travaillent en contrat temporaire ?
- 11,5 % des salariés de 20 à 64 ans dans l'UE en 2025. Les taux nationaux vont de 22,3 % aux Pays-Bas à 1,7 % en Lituanie.
- Quel pays de l'UE recourt le plus aux contrats temporaires ?
- Les Pays-Bas, à 22,3 % des salariés en 2025, devant la Pologne à 15,2 % et l'Espagne à 14,9 %. L'Espagne a occupé la première place pendant des années, jusqu'à une réforme de 2021 qui a restreint le recours aux durées déterminées.
- Quel pays de l'UE y recourt le moins ?
- La Lituanie à 1,7 %, la Roumanie à 1,8 % et la Bulgarie à 2,5 %. Sept États membres sont sous 5 %, tous en Europe centrale et orientale.
- Un faible taux de contrats temporaires signifie-t-il des emplois plus sûrs ?
- Pas nécessairement. Là où un contrat permanent peut être rompu assez facilement, les employeurs ont moins de raisons de recourir aux durées déterminées : la part des contrats temporaires est donc basse sans que l'emploi soit plus stable. L'indicateur mesure la forme du contrat, non la protection qu'il offre.
Note méthodologique
Eurostat publie l'emploi temporaire issu de l'enquête européenne sur les forces de travail en part de l'ensemble des salariés. Cette étude retient les salariés de 20 à 64 ans, les deux sexes, la part des contrats temporaires étant mesurée sur l'ensemble des salariés plutôt que sur l'emploi total.
Les valeurs portent sur 2025 et couvrent les 27 États membres.
Le nombre d'États membres au-dessus du taux de l'UE et sous 5 %, ainsi que le rapport entre le taux le plus élevé et le plus bas, sont calculés par Silver Data Lab à partir des taux publiés.
Données sources
La série sur laquelle repose l'étude peut être consultée et téléchargée à nouveau depuis Eurostat data browser. Les filtres indiqués ci-dessous sont ceux qui ont été appliqués.
Part-time employment and temporary contracts
lfsi_pt_a
- Filtres appliqués :
- freq=A · wstatus=EMP_TEMP · sex=T · age=Y20-64 · unit=PC_SAL · time=2025
- Extrait le :
- 2026-08-11
- Source mise à jour le :
- 2026-06-11
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