La Grèce doit au monde 136 % de sa production. Le Danemark détient à l'étranger 103 % de la sienne.

Silver Data Lab Research Desk · Analyse statistique · Publié le 11 juillet 2026

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Source des données
Eurostat
Période de référence
2025
Dernière mise à jour
06 septembre 2026

Chiffres clés

  • La position extérieure globale nette du Danemark s'établissait à 103,3 % du PIB à la fin de 2025 — il détient à l'étranger plus que toute sa production annuelle.
  • L'Allemagne enregistre 82,3 % et Malte 78,9 %.
  • La Grèce enregistre -136,4 %, Chypre -77,2 % et la Slovaquie -52,4 %.
  • La distance entre le Danemark et la Grèce approche 240 points de pourcentage de PIB.
  • Six États membres se situent sous -35 % du PIB, le seuil qu'utilise la procédure de la Commission concernant les déséquilibres.
Position extérieure globale nette à la fin de 2025 : Danemark plus 103,3 % du PIB, Allemagne plus 82,3 % et Malte plus 78,9 %, face à la Slovaquie moins 52,4 %, à Chypre moins 77,2 % et à la Grèce moins 136,4 %.

Ce qu'un pays détient à l'étranger, face à ce que le monde détient de lui

La position extérieure globale nette est un stock, non un flux. Elle additionne tout ce que les résidents d'un pays détiennent hors de celui-ci — actions étrangères, obligations, investissements directs, dépôts — et en soustrait tout ce que les étrangers détiennent à l'intérieur.

Un chiffre positif signifie qu'un pays est créancier net du reste du monde. Un chiffre négatif qu'il en est débiteur net.

Dans l'UE, à la fin de 2025, les positions allaient de +103,3 % du PIB à -136,4 %.

Les créanciers

Le Danemark enregistre 103,3 %. Les actifs étrangers nets des résidents danois dépassent une année entière de production économique danoise.

L'Allemagne suit à 82,3 %, Malte à 78,9 % et la Suède à 58,8 %. Ce sont des économies qui ont dégagé des excédents courants pendant de longues périodes ; un excédent est le flux annuel, et ce stock est ce que des décennies d'excédents accumulent.

La position de l'Allemagne est celle qui pèse le plus, en raison de la taille de l'économie. C'est le plus grand créancier mondial en valeur absolue parmi les États membres de l'UE, et la contrepartie des excédents d'exportation qu'elle dégage depuis le début des années 2000.

Les débiteurs

La Grèce enregistre -136,4 %. Les créances nettes des étrangers sur la Grèce dépassent sa production annuelle de plus d'un tiers.

Chypre enregistre -77,2 %, la Slovaquie -52,4 % et le Portugal -50,2 %. Six États membres se situent sous -35 % du PIB.

Ce seuil n'est pas arbitraire. La procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques de la Commission retient -35 % comme le niveau indicatif en dessous duquel la position extérieure d'un pays est signalée pour un examen plus attentif, et le nombre d'États membres sous ce seuil mesure la quantité de déséquilibre extérieur que porte l'Union.

Pourquoi une forte position négative n'est pas automatiquement une crise

Le chiffre de la Grèce est l'héritage de sa crise de la dette souveraine et des prêts officiels qui ont suivi. Une part substantielle des créances sur la Grèce est détenue par d'autres gouvernements et institutions européens à des conditions concessionnelles et à très longue échéance, ce qui constitue un passif d'une autre nature qu'une dette de marché à court terme.

La position négative de la Slovaquie relève largement de l'investissement direct étranger : des usines construites par des entreprises étrangères comptent comme des créances étrangères sur la Slovaquie. C'est un passif extérieur au sens comptable et une base industrielle au sens physique, et les deux lectures pointent en sens contraire.

C'est la difficulté centrale de cet indicateur. Une forte position négative peut signifier qu'un pays a emprunté pour consommer, ou qu'il a attiré des investissements pour produire. Le chiffre d'ensemble ne les distingue pas, et la composition compte plus que le niveau.

Ce à quoi il sert

Là où l'indicateur est sans ambiguïté, c'est pour montrer une accumulation. Un pays ne peut pas afficher des déficits persistants sans que sa position se détériore, et il ne peut pas inverser rapidement une position de -100 % du PIB par quelque moyen que ce soit.

C'est donc la mesure qui montre quels déséquilibres sont structurels plutôt que conjoncturels, et c'est pourquoi un déficit courant sur une année est une affaire plus petite que le même déficit maintenu pendant vingt ans.

Position extérieure globale nette, fin 2025

Danemark — 103,3 % du PIBDanemark103,3Allemagne — 82,3 % du PIBAllemagne82,3Malte — 78,9 % du PIBMalte78,9Slovaquie — -52,4 % du PIBSlovaquie-52,4Chypre — -77,2 % du PIBChypre-77,2Grèce — -136,4 % du PIBGrèce-136,4-165132% du PIBl'axe ne commence pas à zéro
Position extérieure globale nette, fin 2025
Pays% du PIB
Danemark103,3
Allemagne82,3
Malte78,9
Slovaquie-52,4
Chypre-77,2
Grèce-136,4
Position extérieure globale nette, fin 2025. Les trois États membres de l'UE les plus hauts et les trois plus bas. Eurostat ne publie aucun agrégat UE pour cette série : le classement ne comporte donc pas de ligne de référence. Source : Eurostat, tipsii40. Une valeur positive signifie qu'un pays détient plus d'actifs étrangers que les étrangers n'en détiennent de lui. La procédure de la Commission concernant les déséquilibres traite -35 % du PIB comme le seuil d'examen.

Ce que ces chiffres ne disent pas

La composition compte plus que le niveau
Une position négative bâtie sur de l'investissement direct étranger dans des capacités productives diffère d'une position bâtie sur des emprunts destinés à consommer. La Slovaquie et la Grèce enregistrent toutes deux de fortes positions négatives pour des raisons très différentes, et le chiffre d'ensemble ne les distingue pas.
Aucun agrégat UE n'est publié
Eurostat ne publie aucune valeur pour l'UE dans cette série. Consolider les États membres exigerait de neutraliser leurs créances les uns sur les autres, ce que cette extraction ne permet pas : aucune ligne de référence n'est donc affichée.
La valorisation déplace le stock sans aucune transaction
La position est mesurée à la valeur de marché : elle change donc quand les prix d'actifs et les taux de change bougent. Le chiffre d'un pays peut s'améliorer ou se dégrader sensiblement en un an sans variation de ses emprunts ou de ses prêts.
Petites économies dotées de grands secteurs financiers
À Malte, au Luxembourg, en Irlande et à Chypre, la position reflète l'activité de structures financières et corporatives tournées vers l'international, importantes au regard de l'économie domestique.

Questions fréquentes

Quel pays de l'UE est le plus grand créancier net ?
Le Danemark, dont la position extérieure globale nette s'établissait à 103,3 % du PIB à la fin de 2025 — les actifs étrangers nets de ses résidents dépassent une année entière de production nationale. L'Allemagne suit à 82,3 %.
Quel pays de l'UE doit le plus au reste du monde ?
La Grèce, à -136,4 % du PIB à la fin de 2025. Chypre suit à -77,2 % et la Slovaquie à -52,4 %. Une part substantielle des créances sur la Grèce relève de prêts officiels à conditions concessionnelles plutôt que d'une dette de marché.
Quel niveau est considéré comme dangereux ?
La procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques de la Commission retient -35 % du PIB comme seuil indicatif d'examen approfondi. Six États membres étaient en dessous à la fin de 2025.
Une position négative est-elle toujours mauvaise ?
Non. L'investissement direct étranger compte comme une créance étrangère : un pays qui attire des usines construites par des entreprises étrangères enregistre donc une position plus négative tout en gagnant des capacités productives. La Slovaquie en est l'exemple le plus net. La composition compte plus que le niveau d'ensemble.

Note méthodologique

La position extérieure globale nette est publiée par Eurostat en part du PIB à partir des statistiques de balance des paiements selon le cadre BPM6, mesurée vis-à-vis du reste du monde.

Cette étude utilise la position de fin 2025, prise au quatrième trimestre de la série trimestrielle, non corrigée. Les 27 États membres publient une valeur. Eurostat ne publie aucun agrégat UE pour cette série : aucun n'est donc cité où que ce soit dans cette étude.

Le nombre d'États membres sous le seuil de -35 % et la distance entre le plus haut et le plus bas sont calculés par Silver Data Lab. Le chiffre de -35 % est le seuil indicatif utilisé dans la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques de la Commission et n'est pas une statistique d'Eurostat.

Données sources

La série sur laquelle repose l'étude peut être consultée et téléchargée à nouveau depuis Eurostat data browser. Les filtres indiqués ci-dessous sont ceux qui ont été appliqués.

  • Net international investment position, % of GDP

    tipsii40

    Filtres appliqués :
    freq=Q · unit=PC_GDP · s_adj=NSA · bop_item=FA · stk_flow=N_LE · partner=WRL_REST · time=2025-Q4
    Extrait le :
    2026-08-11
    Source mise à jour le :
    2026-07-08

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