La Croatie a une pauvreté moyenne et la privation la plus faible de l'UE
Silver Data Lab Research Desk · Analyse statistique · Publié le 09 mai 2026
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- Source des données
- Eurostat
- Période de référence
- 2025
- Dernière mise à jour
- 09 mai 2026
Chiffres clés
- 12,0 % de la population de l'UE était en privation matérielle et sociale en 2025, contre 20,9 % menacée de pauvreté ou d'exclusion sociale.
- La Grèce enregistre le taux le plus élevé, à 30,1 % — supérieur à son propre taux de risque de pauvreté de 27,5 %, seul cas de ce type parmi les pays de tête.
- La Croatie enregistre la privation la plus faible de l'Union, à 4,4 %, alors que son taux de risque de pauvreté de 20,7 % se tient près de la moyenne de l'UE.
- La privation compte ce qu'un ménage ne peut pas s'offrir : elle est donc comparable entre pays d'une manière qu'un seuil de revenu relatif n'est pas.
- Les deux mesures classent les États membres différemment, et les désaccords désignent les endroits où difficulté relative et difficulté absolue se séparent.

Deux questions qui n'en semblent qu'une
Demandez combien de personnes sont pauvres dans un pays et deux réponses se défendent. L'une compare les gens à leurs voisins : un revenu inférieur à une certaine fraction de la médiane nationale. L'autre demande ce qu'ils peuvent réellement s'offrir : le ménage peut-il chauffer son logement, remplacer des meubles usés, faire face à une dépense imprévue ou consacrer chaque semaine une petite somme à lui-même.
Eurostat publie les deux. La mesure relative est logée dans le taux de référence de risque de pauvreté ou d'exclusion sociale ; la mesure absolue est le taux de privation matérielle et sociale, qui compte une personne comme privée lorsque son ménage ne dispose pas d'un nombre donné d'éléments d'une liste standard, pour des raisons de moyens et non de choix.
Dans l'UE, en 2025, la première indique 20,9 % et la seconde 12,0 %. Ce ne sont pas deux versions du même nombre, et c'est là où elles divergent que se trouvent les cas intéressants.
La Grèce, où la privation dépasse le risque de pauvreté
La Grèce enregistre 30,1 % de privation, le taux le plus élevé de l'Union, face à un taux de risque de pauvreté de 27,5 %.
Cet ordre est inhabituel. Dans la plupart des États membres, la mesure relative est la plus grande des deux, car un pays peut compter beaucoup de personnes sous sa propre médiane sans que ces personnes soient dans l'incapacité de s'offrir des biens de base. La Grèce est le cas où la mesure absolue est la plus grande : plus de Grecs ne peuvent pas s'offrir des éléments de la liste standard qu'il n'y en a sous la ligne de revenu relative.
La Roumanie à 26,8 % et la Bulgarie à 24,5 % suivent, l'une et l'autre sous leur propre taux de risque de pauvreté mais très au-dessus de la moyenne de privation de l'UE.
La Croatie, où les deux mesures divergent le plus
La Croatie enregistre le taux de privation matérielle et sociale le plus bas de l'Union européenne, à 4,4 % — sous la Pologne à 4,8 % et la Slovénie à 5,1 %, et un tiers du chiffre de l'UE.
Son taux de risque de pauvreté est de 20,7 %, soit pour l'essentiel la moyenne de l'UE de 20,9 %.
Sur la mesure de référence, la Croatie est donc quelconque, et sur la privation elle est la meilleure de vingt-sept pays. Les deux lectures sont exactes. La mesure relative nous dit qu'un cinquième des Croates ont des revenus nettement inférieurs à la médiane croate ; la mesure de privation nous dit que très peu de Croates ne peuvent pas s'offrir les éléments de la liste. Inégalité de revenu et difficulté matérielle décrivent des choses différentes, et c'est en Croatie que la distance entre les deux est la plus large.
Pourquoi la comparaison mérite d'être faite
La privation est mesurée par rapport à une liste européenne commune d'éléments plutôt qu'à une distribution nationale des revenus. C'est donc la mesure vers laquelle se tourner lorsque la question est de savoir si les habitants d'un État membre sont matériellement plus mal lotis que ceux d'un autre — la question à laquelle le taux relatif ne peut pas répondre, puisque son seuil se déplace avec la médiane propre à chaque pays.
L'inverse vaut aussi. La privation ne dit rien de la distance qui sépare un ménage du niveau de vie qui l'entoure, exclusion que le cadre européen est précisément conçu pour saisir. Aucune des deux mesures n'est la vraie, et n'en rapporter qu'une produit un classement qu'un second classement, tout aussi officiel, contredit.
Taux de privation matérielle et sociale, 2025
| Pays | % de la population | Écart avec la moyenne UEpoints de pourcentage, valeur dérivée |
|---|---|---|
| Grèce | 30,1 | +18,1 |
| Roumanie | 26,8 | +14,8 |
| Bulgarie | 24,5 | +12,5 |
| Union européenneagrégat | 12,0 | — |
| Slovénie | 5,1 | −6,9 |
| Pologne | 4,8 | −7,2 |
| Croatie | 4,4 | −7,6 |
Ce que ces chiffres ne disent pas
- La privation est un décompte à seuil, non une échelle
- Une personne est en privation lorsque son ménage ne dispose pas d'au moins un nombre donné d'éléments de la liste standard. Qui manque d'un élément de moins que le seuil n'apparaît pas du tout dans le taux, et qui manque de tous les éléments y apparaît une fois. La mesure est un dénombrement au-dessus d'une ligne, non une mesure du degré de privation de celles et ceux qui sont comptés.
- La liste est commune, les prix ne le sont pas
- Les éléments sont les mêmes dans tous les États membres, ce qui rend la mesure comparable, mais se les offrir coûte des montants différents selon les pays. La comparabilité se situe au niveau de la liste et non des budgets sous-jacents.
- Les deux taux mesurent des populations qui se recouvrent
- La privation matérielle et sociale sévère est l'une des trois composantes de la mesure du risque de pauvreté ou d'exclusion sociale : les deux indicateurs ne sont donc pas indépendants. Cette étude compare une mesure de privation plus large au composite de référence ; la population en privation se situe en grande partie, mais pas entièrement, à l'intérieur du composite.
- Données d'enquête
- Les chiffres proviennent d'EU-SILC, une enquête par échantillon. Ce sont des estimations et non des dénombrements, et de petites différences entre pays ne doivent pas être surinterprétées.
Questions fréquentes
- Qu'est-ce que le taux de privation matérielle et sociale ?
- La part de la population dont le ménage ne peut pas s'offrir un nombre donné d'éléments d'une liste européenne standard, couvrant à la fois des biens matériels et la participation à la vie sociale. À la différence du taux de risque de pauvreté, il est mesuré par rapport à une liste commune plutôt qu'au revenu médian propre à chaque pays. Il s'établissait à 12,0 % dans l'UE en 2025.
- Quel pays de l'UE a la privation matérielle la plus élevée ?
- La Grèce, à 30,1 % en 2025, devant la Roumanie à 26,8 % et la Bulgarie à 24,5 %. La Grèce est aussi le cas où la privation dépasse le propre taux de risque de pauvreté du pays, de 27,5 %.
- Quel pays de l'UE a la privation matérielle la plus faible ?
- La Croatie, à 4,4 % en 2025, devant la Pologne à 4,8 % et la Slovénie à 5,1 % — un tiers du taux de l'UE de 12,0 %.
- Pourquoi les classements de pauvreté et de privation divergent-ils ?
- Parce qu'ils mesurent des choses différentes. Le risque de pauvreté est relatif au revenu médian propre à chaque pays : il suit donc l'inégalité au sein d'une société ; la privation compte ce que les ménages ne peuvent pas s'offrir au regard d'une liste commune. La Croatie est la divergence la plus nette : un taux de risque de pauvreté moyen de 20,7 % à côté de la privation la plus faible de l'Union.
Note méthodologique
Le taux de privation matérielle et sociale est la mesure d'Eurostat de la part de la population qui ne peut pas s'offrir un nombre donné d'éléments d'une liste standard couvrant à la fois des biens matériels et la participation à la vie sociale. Il est publié pour la population totale en pourcentage, et se distingue de la variante de privation sévère utilisée dans le composite de référence.
Les valeurs portent sur 2025, ce qui correspond à l'année de référence des chiffres de risque de pauvreté ou d'exclusion sociale auxquels cette étude les compare : les deux classements décrivent donc la même année.
Les comparaisons de rang entre les deux indicateurs, et l'observation selon laquelle la Grèce est le seul pays parmi les premiers en privation dont le taux de privation dépasse le taux de risque de pauvreté, sont calculées par Silver Data Lab à partir des deux séries publiées.
Données sources
La série sur laquelle repose l'étude peut être consultée et téléchargée à nouveau depuis Eurostat data browser. Les filtres indiqués ci-dessous sont ceux qui ont été appliqués.
Material and social deprivation rate by age and sex
ilc_mdsd07
- Filtres appliqués :
- freq=A · age=TOTAL · sex=T · unit=PC · time=2025
- Extrait le :
- 2026-08-11
- Source mise à jour le :
- 2026-05-06
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